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Mortalité, frais vétérinaires, garanties : assurer un cheval

Avatar de Vianney Boisselier-Cathala

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Un cheval représente un investissement financier qui dépasse largement son prix d’achat initial, et les frais vétérinaires liés à un accident ou une maladie grave peuvent atteindre des montants considérables. Comprendre les différentes garanties disponibles évite de découvrir, au moment critique, qu’une couverture espérée ne s’appliquait pas à la situation.

Ce que couvre la licence fédérale

La licence délivrée par la Fédération française d’équitation inclut une garantie de responsabilité civile, qui couvre les dommages causés par le cheval ou le cavalier à un tiers, ainsi qu’une garantie individuelle accident, qui indemnise le licencié lui-même en cas de blessure pendant la pratique équestre encadrée. Ces garanties concernent la personne, pas l’animal : elles n’indemnisent en aucun cas les frais vétérinaires ou la perte financière liée à la mort ou à l’incapacité du cheval lui-même.

Cette distinction, souvent mal comprise par les propriétaires débutants, explique pourquoi de nombreux chevaux restent sans couverture spécifique alors que leur propriétaire se croit assuré grâce à sa seule licence fédérale, valable uniquement dans un cadre de pratique encadrée et pour des dommages bien définis par le contrat.

Les garanties mortalité et frais vétérinaires

L’assurance mortalité indemnise le propriétaire à hauteur d’une valeur déclarée en cas de décès du cheval, que la cause soit une maladie, un accident ou une euthanasie décidée pour raison médicale avérée. Cette valeur déclarée doit correspondre à la valeur réelle de l’animal au moment de la souscription, une surestimation ou une sous-estimation pouvant compliquer l’indemnisation en cas de sinistre.

La garantie frais vétérinaires, distincte de la précédente, prend en charge une partie des dépenses de soins jusqu’à un plafond annuel défini par le contrat, souvent avec une franchise et des exclusions précises qu’il convient de lire attentivement avant la signature. Certains contrats séparent les soins courants des interventions chirurgicales lourdes, avec des plafonds et des franchises différents selon la nature des soins engagés.

Les exclusions qui surprennent le plus

Les contrats d’assurance équine excluent presque systématiquement les affections préexistantes à la souscription, ce qui impose souvent un bilan vétérinaire initial pour établir l’état de santé de référence de l’animal. Un cheval qui présentait déjà des signes d’une pathologie chronique avant la signature du contrat ne pourra généralement pas être indemnisé pour cette même pathologie, même si elle s’aggrave après la prise d’effet de l’assurance.

Certaines activités à risque accru, comme certaines disciplines de compétition ou l’utilisation du cheval pour la reproduction, peuvent également faire l’objet d’exclusions spécifiques ou de surprimes, qu’il vaut mieux clarifier avec l’assureur avant toute pratique qui sortirait du cadre déclaré à la souscription du contrat initial.

Une valeur déclarée qui évolue avec le cheval

La valeur déclarée d’un cheval n’est pas figée dans le temps : un jeune cheval en formation qui obtient des résultats en compétition, ou qui valide des niveaux de dressage supérieurs, voit généralement sa valeur augmenter, ce qui justifie une révision périodique du contrat d’assurance pour éviter une sous-assurance qui réduirait l’indemnisation en cas de sinistre survenant après cette évolution.

À l’inverse, un cheval vieillissant ou touché par une pathologie chronique peut voir certaines garanties devenir plus coûteuses ou plus difficiles à obtenir, ce qui pousse certains propriétaires à anticiper cette évolution en souscrivant une couverture adaptée dès les premières années de vie de l’animal, pendant qu’il reste en bonne santé générale.

« La licence sportive couvre la pratique et ses conséquences pour les personnes ; elle ne remplace en aucun cas une assurance spécifique pour l’animal lui-même. » — repère rappelé par la Fédération française d’équitation sur ffe.com

Cette distinction mérite d’être gardée à l’esprit dès l’acquisition d’un cheval, bien avant qu’un incident ne vienne la rappeler dans l’urgence. La question des vaccinations obligatoires pour l’accès aux compétitions, qui conditionne également certaines garanties contractuelles, est développée dans un autre article de cette rubrique. Le choix d’un équipement adapté, abordé dans la rubrique équipement et hébergement, contribue par ailleurs à limiter certains risques d’accident pris en compte par les assureurs dans l’évaluation du profil de risque de l’animal.


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